Non-résident et vente de terrain en France : fiscalité et obligations
Vous résidez hors de France et vendez un terrain constructible à un promoteur ? Votre fiscalité n’est pas celle d’un résident français. Entre prélèvements à la source, représentation fiscale, conventions internationales et CSG/CRDS, le traitement fiscal non-résident demande une attention spécifique. Voici les règles clés en 2026.
Qui est considéré comme non-résident ?
Est considéré non-résident fiscal toute personne dont le domicile fiscal est situé hors de France. La résidence fiscale s’apprécie via quatre critères alternatifs :
- Lieu du foyer (résidence habituelle du conjoint et des enfants)
- Séjour principal (plus de 183 jours/an en France)
- Exercice de l’activité professionnelle principale
- Centre des intérêts économiques
Un Français installé depuis plusieurs années à l’étranger, travaillant localement, est donc non-résident. Son statut s’apprécie au cas par cas.
La plus-value : taux de base
La plus-value immobilière générée par la vente d’un terrain en France est imposée dans les conditions suivantes pour un non-résident :
- Impôt forfaitaire de 19 % (taux unique, identique au régime résident)
- Prélèvements sociaux au taux réduit de 7,5 % (au lieu de 17,2 % pour les résidents) pour les non-résidents établis dans l’EEE (Espace Economique Européen) ou en Suisse
- Prélèvements sociaux au taux plein de 17,2 % pour les non-résidents hors EEE/Suisse
Les abattements pour durée de détention s’appliquent dans les mêmes conditions que pour les résidents.
L’obligation de représentation fiscale
Pour les ventes de plus de 150 000 €, les non-résidents (hors UE/EEE) ont l’obligation de désigner un représentant fiscal accredité. Son rôle :
- Garantir le paiement de la plus-value à l’administration fiscale française
- Déposer les déclarations en votre nom
- Régler les éventuels redressements ultérieurs
Coût indicatif : 0,8 à 1,5 % du prix de vente selon le prestataire (banques privées, cabinets d’avocats fiscalistes, sociétés spécialisées type Le Bureau Fiscal).
Depuis la réforme 2015, les résidents UE/EEE sont dispensés de cette obligation.
Les conventions internationales : un rempart contre la double imposition
La France a signé des conventions fiscales avec plus de 120 pays pour éviter la double imposition. Pour une plus-value immobilière :
- L’impôt est dû en France (lieu de situation de l’immeuble)
- Votre pays de résidence peut aussi taxer cette plus-value
- La convention vous donne un crédit d’impôt dans votre pays pour éviter la double taxation
- Chaque convention a ses spécificités : à consulter avant d’engager la vente
Quelques conventions sensibles : France-Belgique (régime spécifique), France-Suisse, France-USA, France-Royaume-Uni.
CSG/CRDS : les exonérations possibles
Depuis un arrêt de la CJUE (2015) et la jurisprudence « De Ruyter », les non-résidents affiliés à un régime de sécurité sociale d’un autre État de l’UE/EEE ou de la Suisse peuvent bénéficier d’une exonération partielle des prélèvements sociaux (CSG et CRDS). Le taux applicable devient alors 7,5 % (au lieu de 17,2 %), correspondant uniquement au prélèvement de solidarité.
Pour en bénéficier, un formulaire S1 ou une attestation d’affiliation à un régime étranger doit être fourni au notaire avant la signature.
Exonération de résidence principale : inaccessible aux non-résidents ?
L’exonération de plus-value sur la résidence principale est réservée aux résidents fiscaux français au jour de la cession. Néanmoins, deux dérogations existent :
- Non-résident ressortissant de l’UE/EEE/Suisse ayant été résident fiscal français pendant au moins 2 ans : exonération possible dans la limite de 150 000 € de plus-value nette (cession dans les 10 ans suivant le départ)
- Bien mis à disposition gratuitement du conjoint resté en France
La surtaxe sur les plus-values élevées
Au-delà de 50 000 € de plus-value nette, une surtaxe progressive s’applique (2 à 6 %) pour les résidents comme pour les non-résidents. Cette surtaxe peut faire grimper le taux global d’imposition jusqu’à 42 % pour les plus-values très élevées.
La signature à distance
Pour un non-résident, la signature de la promesse et de l’acte peut se faire :
- À distance via procuration notariée
- Par signature électronique sécurisée (en développement)
- Auprès d’un consulat français à l’étranger
Notre accompagnement international
Chez Garonne Foncier, nous accompagnons régulièrement des vendeurs non-résidents (Suisse, Belgique, Royaume-Uni, Québec, Australie, Portugal). Nous coordonnons avec votre notaire et un fiscaliste spécialisé pour optimiser la plus-value et sécuriser les obligations déclaratives. La vente se gère entièrement à distance.